Journal de 2014
Samedi 25 janvier,
Ce vendredi aucun déplacement. Après avoir écrit le journal dans la matinée, je me suis longuement interrogé sur le contenu. Quel risque je prends en diffusant ou en étalant ma vie sur la toile? Faut-il oui ou non tout écrire ? Comment faire pour prendre des précautions? et bien d'autres questions qui m'échappent à l'instant où j'écris. J'ai repensé à la conférence de René Barbier commenté auparavant. En parlant de sa pensée, il explique que pendant la conférence limitée dans le temps, il ne peut pas traiter de tous les sujets de sa réflexion et il incite l'auditoire à consulter son site: Le journal des chercheurs, où ils trouveront tout. Je suis d'accord avec cette idée que l'on peut tout trouver dans un journal.
Il est vrai que tout le monde pense, ce qui caractérise l'humain par rapport à d'autres êtres vivants, mais puisque tout le monde n'écrit pas de journal, ces flux incessants de la réflexion se perdent avec l'usure du temps. Le diariste est très attentif à cela, il est attaché au fait que toutes les idées méritent d'être consignées et sauvegardées. Le tri en vue d'une élaboration plus concise et bien construite peut survenir par la suite en retravaillant les données consignées dans le journal.
Hier, j'ai évoqué deux sujets, le premier concerne ma position politique vis-à-vis des élections municipales et le second en rapport avec ma maladie.
Concernant le premier sujet, je rappelle qu'en 2007, encouragé par l'espoir que suscitait Ségolène Royale, la candidate aux élections présidentielles, notamment en encourageant la démocratie participative, je me suis engagé avec des communistes locaux dans la campagne des municipales en mettant en avant la nécessité de rassembler toutes les forces qui croient à la démocratie participative. Ce fut l'occasion pour moi pour mettre en avant certaines idées sur les dispositifs, l'autogestion...J'avais la possibilité à l'époque de noter tout ce que je pouvais estimant, d'une part, que l'occasion qui se présente de ne devrait pas se présenter souvent et d'autre part, une telle expérience mérite d'être décrite. J'ai accumulé un gros dossier sur cette expérience et je voulais mener à bout une recherche sur la ville. Ce travail n'a pas été fait, j'en suis resté à des questions de méthode. Contrairement à 2007-2008, cette fois-ci je fais le choix non seulement d'écrire le journal mais surtout de le mettre en ligne sur le champ, avec l'espoir d'être dans l'action par l'écriture.
Quant au second sujet en lien avec la santé, je rappelle que j'ai commencé un journal spécifique au sujet en 2006. A l'époque j'écrivais dans un cahier. J'ai interrompu l'écriture de ce journal de santé en 2009 après le coma en mai de cette même année. Je ne l'ai pas repris depuis cette date. La maladie occupe tout mon temps, il m'arrive de dire que je suis malade à plein temps. Ce fait devrait être décrit, c'est ma conviction depuis le début, mais faut il le publier ou le mettre sur le blog? Aujourd'hui je réponds oui car si le journal traite du vécu je ne peux pas faire autrement que de parler ou décrire mon vécu. Socialement, cela constitue une réponse à la question que l'on nous pose souvent à savoir comment tu vas!
Dans le parcours de soin, le malade acquiert une expérience et accumule un savoir qui mérite d'être partagé même si les institutions peinent à reconnaître cette expérience.
Conclusion, le journal offre une matière première fraîche susceptible de servir comme base d'un savoir à construire.
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