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Journal de diaristes

Journal de 2014

17 Janvier 2014 , Rédigé par Benyounès Bellagnech Publié dans #Journal de 2014

Vendredi 17 janvier,

Ce jeudi matin, je suis sur le point de reprendre l'écriture du journal après une longue absence. J'ouvre un lien envoyé par Philippe via facebook et je me laisse aller à écouter la conférence de René Barbier, auteur et chercheur connu dans le milieu de Paris 8. L'enregistrement dure une heure et la conférence porte sur l'homo complexus, néologisme ou concept qui a l'air nouveau probablement dans le discours de l'auteur. R. Barbier est apprécié à Paris 8 et il partage une certaine conception de l'éducation et de la formation avec les institutionnalistes. La conférence est intéressante car elle fait le tour ou la synthèse de la pensée de René Barbier, qui n'hésite pas à rappeler que les idées développées dans la conférence se trouvent éparpillées dans le journal des chercheurs-son site Internet. Toutefois, il y a un problème dans le dispositif de la conférence. Si les idées qui y sont développées se trouvent déjà sur le site pourquoi les répéter dans une conférence classique dans le cadre de l'université coopérative?

Mon reproche à R. Barbier n'est pas nouveau, car je l'avais déjà exprimé à propos de Michel Onfray, lequel dans l'université populaire, qui est d'ailleurs une bonne initiative comme celle de l'université coopérative, donne des conférences intéressantes du point de vue du contenu, mais le dispositif demeure très classique et certainement il devrait influer sur le contenu. Il s'agit là d'un problème pédagogique important. Georges Lapassade, me disait souvent qu'il était capable de donner des conférences longues mais qu'il trouvait cela absurde et ne sert à rien, car il n'y a aucune communication ni échange avec l'auditoire qui est là pour écouter comme à la messe et repartir à la fin. Lorsque l'on ouvre les débats , on demande aux gens d'être bref pour laisser, soit-disant, le temps aux autres pour intervenir et le débat tourne autour de question-réponse comme à l'école primaire. Interroger le dispositif pédagogique demeure une préoccupation primordiale en tout cas en ce qui me concerne, car sans ce questionnement radical, aucune transformation pédagogique n'est possible.

Je n'écris pas et je me contente d'écouter pendant une heure. Après, c'est trop tard pour moi, car je suis incapable d'enchaîner deux heures de suite en restant assis. Ce que je voulais écrire hier concerne ce qu'il me restait en mémoire depuis samedi dernier. Ce jour là, lors d'une petite sortie, je rencontre Florence, qui me donne des nouvelles de la liste de gauche en insistant sur le reproche qu'elle fait à Philippe qui s'est auto désigné comme tête de liste d'une manière autoritaire. Elle me fait un compte rendu de la réunion du resao en disant que le débat a été intéressant mais des questions sont restées sans réponse, notamment la position de l'association vis-à-vis des élections de 2014. Florence me demande de la rejoindre devant le centre Leclerc où il y aura la distribution de tracts pour aller boire un café et discuter avec Philippe. J'accepte de la rejoindre, mais au retour, je ne me sentais pas bien et je suis rentré chez moi.

Dimanche, Florence envoie un post disant qu'elle quitte la liste de la gauche. C'est dommage, car c'est une militante communiste qui a fait le choix d'être dans l'union de la gauche que suivre son Parti qui rejoint la majorité municipale. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'union de la gauche locale.

Lundi, je vais à Calmette prendre rendez-vous pour une prise de sang et un autre avec le phlébologue. Le premier rendez-vous est pour le lendemain mardi à 8 h 20 et le second pour le 27 janvier. Au retour à la maison, l'infirmière m'appelle pour me dire que je dois, après la prise de sang, aller au laboratoire d'analyse pour un autre prélèvement d'urine.

Mardi matin, je me lève tôt comme d'habitude, bien que je dois rester à jeun jusqu'à 9 heures. Je vais au centre Calmette, la prise de sang se passe bien, je dis cela parce que souvent l'infirmière a du mal à trouver une veine ce qui donne lieu à plusieurs tentatives avant de réussir la prise de sang. par la suite, on me donne un grand verre d'eau à boire sur place avant d'aller au labo. Lorsque je commence une journée comme cela, mon rythme est perturbé et je maîtrise mal la glycémie. Il me faut du temps pour reprendre un rythme normal.

Mercredi, je suis très fatigué et je ne fais rien, mis à part un peu de lecture et beaucoup de réflexion notamment à propos du journal que je n'écris pas.

A propos de la difficulté à tenir un journal d'une manière régulière et soutenue, je note ce propos de R. Camus sur Stevenson :" Stevenson s'astreignait à rédiger quotidiennement le récit de son voyage; il l'écrivait le plus souvent à l'auberge où il avait passé la nuit, ou au cabaret où il allait déjeuner. Son moment privilégié était le matin, ce qui explique ses départs parfois tardifs comme à Langogne, à Florac et à Saint-Germain-de-Calberte. La comparaison entre le Journal de route et le Voyage avec un âne montre que Stevenson n'a pas toujours trouvé le temps d'écrire tout ce qu'il voulait. Les longues conversations qu'il aimait entretenir avec les gens du pays l'empêchaient parfois de les noter toutes au fur et à mesure dans son journal. D'autre part, la qualité et la quantité de ses notes variaient selon la longueur de l'étape parcourue ou le degré de la fatigue ressentie par l'auteur. La brièveté des descriptions de Langogne ou de Florac, ainsi que le laconisme des notes sur Saint-Germain-de- Calberte et saint-Jean-du-Gard indiquent bien l'épuisement mental et physique de Stevenson à divers moments de son voyage ." P. 183.

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