Journal de 2014
Jeudi 2 janvier,
Je sens que ce journal de 2014 va stimuler mon envie d'écrire au jour le jour, habitude que j'ai tendance à perdre pour des raisons que j'évoquerai au fur et à mesure que ce journal prenne forme.
Ce mercredi, après avoir écrit quelques lignes, je me suis dit qu'en faisant autre chose j'essaie de structurer à l'avance ce que je dois écrire le lendemain. Cela a commencé dès la reprise de la lecture du Journal d'un voyage en France. La première question que je me suis posée avant de commencer cet ouvrage est la suivante : Pourquoi lire un journal de voyage? Tout d'abord, cela s'inscrit dans le cadre d'une promesse faite depuis bien longtemps, le jour où je me suis dit dès que je pourrai je me mettrais à lire des journaux un peu différents de ceux que j'ai eu l'habitude de lire lorsque je fréquentais la fac. C'est une manière pour moi de me dégager d'une sorte d'enfermement universitaire d'entre soi. J'ai lu entre temps bien des livres qui m'ont ouvert les yeux sur ce qui se passe ailleurs notamment dans le domaine du diarisme. Je songe au journal de Michel Onfray et plus généralement aux journaux des philosophes non universitaires.
La seconde raison qui m'a poussé à lire ce journal est qu'il traite du voyage, ce qui me manque le plus en ce moment. Par manque de moyens et en raison des impératifs de soins, je ne peux pas me déplacer. Il y a un peu plus d'un an, j'avais une envie terrible de partir voir la famille ou ce qu'il en reste ainsi que quelques amis, je voulais également écrire un journal sur cet éventuel séjour. Malheureusement, je n'ai pas pu faire ce voyage. La lecture d'un journal de voyage ne serait pas un moyen de voyager avec quelqu'un d'autre sans bouger de chez soi? Probablement.
J'en suis à la page 120 du journal et puisque j'ai décidé d'en faire une lecture non approfondie, j'évite d'essayer de tout comprendre contrairement à ceux qui prétendent tout comprendre et tout savoir. Je m'arrête sur ce qui m'attire ou m'intéresse. Renaud Camus décide d'écrire un journal de voyage en France. Il est écrivain, libre de choisir la date et la durée du voyage, il a les moyens de payer l'hôtel et le restaurant sans oublier ses proches chez qui il peut aller au cours de sa traversée du pays.
Muni de bagage intellectuel et c'est normal pour un écrivain, mais il a aussi recours aux ouvrages historiques aux encyclopédies et même aux guides Michelin et autres ouvrages sur les châteaux de France. La première chose qui a retenu mon attention depuis le début du journal c'est la passion de l'auteur au sujet des châteaux. Je voulais savoir d'où lui vient cette passion. Ayant aperçu quelques uns des châteaux notamment en Bourgogne, j'étais attiré, dans les années 80, par la beauté de ces châteaux et à chaque passage je ne cessais d'admirer ces paysages.
Mon impression qui serait probablement partagée par d'autres, ne suffit pas à elle seule, pour expliquer l'attirance de l'auteur par les châteaux. Laissons le s'expliquer : Je reprendrai donc ici l'itinéraire à partir du château de Sully, "le Fontainebleau de la Bourgogne", d'après l'inévitable marquise, et le berceau du maréchal de Mac-Mahon. Il m'a laissé assez froid, mais mon sentiment est tout personnel. Peut-être y a-t-il ici, d'ailleurs, une bonne occasion de m'interroger aussi objectivement que possible sur ce que peut être mon goût des châteaux, sa nature et son origine. p.110.
L'explication de l'auteur est un peu longue, je ne peux pas la transcrire entièrement, mais je peux dire que cela lui vient de son appartenance familiale. Il explique par ailleurs qu'il est d'origine bourgeoise, une classe qui selon lui est en décadence, et qui serait à présent un petit bourgeois. Pour son explication il cite Pierre Bourdieu, La Distinction, Editions de Minuit, 1979.
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