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Dimanche 8 juillet, 10 h 25
Ma relecture de Castoriadis survient un peu tard. Je me demande pourquoi je ne l’ai pas relu un peu plus tôt. Ce livre est une des références fondamentales de l’analyse institutionnelle. Je suis tenté par une lecture globale de l’œuvre de Castoriadis. La rédaction de la thèse m’empêche de le faire de suite, mais je l’inscris dans un programme de lecture proche.
La partie que je suis en train de lire porte sur l’inconscient.
Si l’on veut évoquer « l’institutionnalisation » du sujet, comme c’est le cas aujourd’hui pour certains, il est absolument nécessaire de revenir à la constitution de la psyché – Castoriadis p.434 – c’est-à-dire selon lui l’institution de l’individu.
« L’homme n’est pas un animal raisonnable, comme l’affirme le vieux lieu commun. Il n’est pas non plus un animal malade. L’homme est un animal fou (qui commence par être fou) et qui, aussi pour cela, devient et peut devenir raisonnable. Le sperme de la raison est aussi contenu dans la folie intégrale de l’autisme premier. » p. 436.
« Seule l’institution de la société, procédant de l’imaginaire social, peut limiter l’imagination radicale de la psyché et faire être pour celle-ci une réalité en faisant être une société. Seule l’institution de la société peut sortir la psyché de la folie nomadique originaire, et de ce qui pourrait très bien être – et l’est parfois effectivement – la suite « spontanée », une folie à deux, à trois ou à plusieurs. Et cela implique la fabrication « héréditaire » d’individus comme individus sociaux – ce qui veut dire aussi : d’individus pouvant et désirant continuer la fabrication d’individus sociaux.» p. 450.
« L’individu n’est pas un fruit de la nature, même tropicale, il est création et institution sociale » p. 454.
« L’individu social ne peut être constitué, « objectivement », que moyennant la référence à des choses et à d’autres individus sociaux, qu’il est ontologiquement incapable de créer lui-même car ils ne peuvent être que dans et par l’institution ; et il est constitué, « subjectivement » pour autant qu’il soit parvenu à en faire des choses et des individus pour lui – c’est-à-dire à investir les résultats de l’institution de la société. » p. 459.
On a affaire, tout au long de cet ouvrage, à la représentation. C’est un mot clé du livre. A la page 467, je rencontre une fois de plus cette notion. Je ne peux pas transcrire toutes les pages, je me contente de souligner pour pouvoir éventuellement reprendre ces paragraphes ou phrases essentielles, à mon sens.
« La représentation n’est ni une ni plusieurs, et ces déterminations ne sont pour elle ni essentielles ni indifférentes. Elle comporte ou présente ou laisse voir des relations d’appartenance, d’inclusion, etc., mais ces relations sont indéterminées ou constamment re-déterminées, positions et fonctions respectives des « termes » que l’on pourrait y discerner sont fluentes et constamment redéfinies. Tout ce qu’on peut dire en général sur son organisation se ramène à cette condition presque vide : il y a toujours figure et fond (mais la figure peut devenir elle-même fond et le fond figure, comme on le sait). Il vaudrait peut-être mieux dire : il y a toujours différenciation ou hétérogénéité ou altérité minimale. Mais cette altérité comme altérité concrète s’altère elle-même, et de ses supports, dont elle est chaque fois inséparable, nous ne pouvons rien dire en général. » p. 470.
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