Journal de recherche
Lundi 21 mai, 15 h 55
« Il faut que nous soyons convaincus que le vrai a pour nature de faire irruption quand son temps est venu, et qu’il n’apparaît que lorsque ce temps est venu, que pour cette raison, il n’apparaît jamais trop tôt, ni ne trouve jamais de public non mûr ; et aussi que l’individu a besoin de cet effet pour y éprouver et avérer ce qui est encore sa solitaire affaire à lui et découvrir par expérience comme quelque chose d’universel la conviction qui n’appartient encore qu’à la particularité. » p. 75.
(…) Je viens de me rendre compte à l’instant que je suis sur le point de recopier un paragraphe déjà repris dans une page de ce journal, preuve en est que je retrouve les mêmes idées malgré les conditions différentes de la lecture. J’appréhende ma séparation avec cet ouvrage qui doit retourner dormir d’un sommeil profond à la bibliothèque municipale d’Orly.
« Si nous appelons le savoir concept, tandis que nous appelons l’essence, ou le vrai, ce qui est, ou l’objet, toute la vérification à aller voir si le concept correspond à l’objet. Mais si nous appelons concept l’essence ou l’en soi de l’objet, et qu’en revanche par objet nous entendions ce concept en tant qu’objet, savoir, tel qu’il est pour un autre, la vérification consiste alors à aller voir si l’objet correspond à son concept. On voit bien qu’il s’agit dans l’un et l’autre cas de la même chose ; mais l’essentiel est de s’en tenir bien fermement pour tout l’examen au fait que ces deux moments, concept et objets, être pour un autre et être pour soi-même, échoient eux-mêmes au savoir que nous examinons, et que, partant, nous n’avons pas besoin d’apporter avec nous des critères et d’appliquer lors de cet examen nos propres pensées et idées adventices ; c’est en laissant celles-ci à l’écart que nous parviendrons à considérer la chose telle qu’elle est en soi et pour soi-même. » p. 87.
« Les moments du tout sont des figures de la conscience. (…) En avançant toujours vers son existence vraie, elle (la conscience) parviendra en un point où elle déposera son apparence, celle où elle porte et traîne avec elle quelque chose qui est de nature étrangère, qui n’est que pour elle et comme quelque chose d’autre, ou encore, en un point où l’apparition phénoménale devient identique à l’essence, et où donc l’exposition de la conscience coïncide précisément avec ce point de la science de l’esprit proprement dite, et finalement, en saisissant elle-même cette essence qui est la science, elle désignera la nature du savoir absolu lui-même. » p. 90.
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