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Journal de diaristes

Journal de recherche

6 Mars 2013 , Rédigé par Benyounès Bellagnech

3) Voyage à Rio ou le journal comme mode existentiel et de pensée[1]

Dans la préface de l’ouvrage, Pascal Dibie souligne que l’auteur tente de se rapprocher de la vérité, au sens où René Lourau l’entendait, par l’implication totale du chercheur, en ajoutant plus loin que l’écriture de la vie est comprise comme vérité fondamentale de la construction de la science. En effet, tout au long des 160 pages que compte le livre, Remi Hess tente de mettre en œuvre cette vérité multiple, multidimensionnelle, multiréférencielle et transversale, en revisitant les concepts fondamentaux de l’analyse institutionnelle. C’est une vérité qui veille en permanence sur l’articulation dialectique et nécessaire entre la théorie et la pratique. « L’AI est un engagement. Les idées d’autogestion, d’analyse d’implication, de socialisation de l’analyse sont structurantes d’un certain type de pratique à l’opposé de l’idéologie du fonctionnaire » (p 25).

D’entrée de jeu, l’auteur tente de penser au lecteur éventuel de l’ouvrage, qui pourrait être « un lecteur contingent, c’est à dire qui découvre un texte, et, par ce texte, son auteur. Le lecteur contingent se distingue du lecteur nécessaire qui lui, connaît déjà l’œuvre de l’auteur ; il inscrit le texte dans un ensemble. Le lecteur nécessaire a les moyens de dialoguer avec le créateur » (p17). Que l’on se situe dans la catégorie des lecteurs contingents ou dans celle des lecteurs nécessaires, on participe à ce voyage à Rio dès les préparatifs, en rentrant par le biais de la lecture dans la transversalité théorique, y compris par la lourdeur des bagages qui ne sont entre autres que des ouvrages récents ou réédités de Georges Lapassade, René Lourau, Henri Lefebvre, Remi Hess, Raymond Fonvieille… La préparation du voyage plonge l’auteur, et nous avec, dans l’altérité, cette présence à l’esprit de l’autre et des autres, qui sont en l’occurrence les Brésiliens qu’il rencontrera à Rio. L’auteur ne fait pas seulement preuve de générosité et de partage avec l’autre en transportant dans ses bagages tant de livres, mais il a également en tête l’engagement des institutionnalistes dans l’effort collectif, certes parfois conflictuel, de développement de l’analyse institutionnelle, au centre comme à la périphérie.

Une fois arrivé à Rio, l’auteur nous décrit ses rencontres, ses retrouvailles avec certains institutionnalistes brésiliens, lesquels abordent avec lui le programme de son séjour qui consiste à donner ici et là des conférences à un public varié et divers en fonction du type de rencontre supervisée ou improvisée. En attendant ces rencontres, Remi Hess tente de faire de l’intervention en écrivant le journal ! Et ce avant d’entamer les conférences prévues dans le cadre du colloque organisé par l’université d’Etat de Rio. Ainsi le lecteur rentre dans la vie au jour le jour de l’invité au colloque, dans un univers qu’il découvre et du coup l’auteur le partage avec le et / ou les lecteurs éventuels du journal.

[1]Remi Hess, Voyage à Rio, Sur les traces de René Lourau, Préface de Pascal Dibie, Ed. Téraèdre, Coll. « L’écriture de la vie », 2003, 160 pages.

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