Journal de recherche
Après une traduction assez longue, je me mis à lire, plutôt à poursuivre la lecture du journal Le Monde daté d’aujourd’hui. Un article particulièrement original attire mon attention : « Liberté surveillée » signé par Philippe Sollers, dans lequel il tente de répondre avec habileté aux attaques successives contre les intellectuels et les écrivains se réclamant de gauche et ne reniant pas l’appartenance à la pensée 68. Il démontre que sous la houlette de l’insécurité, on essaie de faire feu de tous bois. Il part d’une déclaration de Chirac à l’Académie française, dans laquelle le chef de l’Etat avertit : Les écrivains sont libres d’écrire ce qu’ils veulent, mais ils n’ont pas le droit d’écrire n’importe quoi.
Cette intervention au sommet de l’Etat vient consacrer et pour longtemps la campagne de « normalisation des mœurs » dégénérés, la faute à mai 68. L’insécurité, la drogue, le déchaînement sexuel, en somme tous les « maux » de la société sont dus au manque d’autorité du père, de la loi, de l’adulte, de l’Etat, du prof en classe, etc. Il faut donc remettre de l’ordre dans la Maison France, et les citoyens l’ont bien exprimé majoritairement, par les bulletins déposés dans les urnes, lors des élections du printemps dernier.
Dès lors, tout est permis, je parle bien sûr de la répression, et tout est interdit dans le domaine de l’expression et de la création. Pour appliquer cette interdiction, il a fallu mettre des barrières et installer des frontières infranchissables…
L’article de Philippe Sollers vient mettre un peu d’air dans une atmosphère menacée d’asphyxie.
Vers 18 heures 30, Georges Lapassade m’appelle au téléphone. Il m’avait déjà appelé vers 15 heures. B lui avait dit que je n’étais pas à la maison, alors que je faisais la sieste pour récupérer car la veille, je n’ai dormi que quatre heures. Georges Lapassade dit à B que je ne suis jamais à la maison.
Il m’appelle pour me dire qu’il veut changer le titre de son article : L’institutionnalisation de l’AI qui devient : L’effet Mulhman et l’institutionnalisation de l’AI.
Il commence son article par une citation de René Lourau, dans un article publié dans « L’homme et la société ». J’ai l’impression que Georges Lapassade veut régler ses comptes avec René Lourau. Je regrette que cela se fasse après la mort de ce dernier.
Certes, les différences entre ces deux fondateurs de l’analyse institutionnelle doivent être explicitées. C’est l’une de mes tâches, auxquelles je devrais m’atteler sans tarder dans ma thèse qui a pris depuis deux semaines une autre direction.
En effet, je ne travaille plus sur « Education et pratique politique au Maroc », mais sur l’AI vécue de l’intérieur. Remi m’avait proposé le titre suivant : « La pédagogie dialectique, René Lourau, Georges Lapassade et Henri Lefebvre ». Dimanche dernier, il me dit de travailler sur le séminaire. Il est vrai que si je rassemble tout ce que j’ai écrit depuis 1999, j’aurai de quoi faire une thèse. Mais il faut que je synthétise tout cela. Il est temps de s’y mettre, pour pouvoir soutenir en 2004 au plus tard.
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