Journal de recherche
En 1985, quand B et moi avions aménagé dans un F4 au 19, rue de l’amitié, après avoir passé une année dans une chambre individuelle au campus de Canot, ce faisant et n’ayant pas les moyens, nous avons récupéré des meubles au Secours catholique et chez mon beau-frère qui devait rentrer définitivement au Maroc.
Au fil des années, « les choses » se tassent. Nous avions eu l’occasion de nous débarrasser de ces « choses » là. En effet, le déménagement à Orly aurait permis cette coupure avec « les choses » d’occasion. On aurait pu commencer une nouvelle vie. Rien à faire, il a fallu déménager et ramener tout.
Nous travaillions tous les deux, nous déposions nos salaires à la banque ou à la Caisse d’épargne. A la maison, rien ne change, pas de cuisine, pas de salon, pas de bureau, bibliothèque maigre.
Chacun de nous passe son temps au travail et pour ma part quelques activités à Paris.
Peu avant la naissance de Y, j’ai commencé à soulever la question de changer de logement, de s’équiper autrement et de préparer l’accueil de notre enfant. Mes efforts n’ont pas abouti. Les choses s’accumulent et stagnent.
Je rentre dans une traversée du désert qui a duré quatre ans, des aventures chaotiques, commerce, travail libéral, je cherche la liberté croyant que cela s’achète. Pendant ce temps, l’accumulation des choses – problème - se poursuit.
Fin 96 et début 97, le déménagement s’impose, un peu comme les deux précédents, à la hâte, sans perspective claire et sans objectif précis. En apparence, le logement semble mieux que le précédent, mais seulement en apparence, car à l’intérieur, l’habitus et l’accumulation « des choses » se poursuivent comme avant.
Devant cela, et à partir de 98, je démissionne avec une forte dose de lâcheté, je laisse faire, tout en sachant que le problème est grave, il est enfoui quelque part et je continue à vivre dans une brocante.
L’amélioration apparente et à petits pas ne fait qu’aggraver les choses. C’est un parcours singulier, chaotique quelque part. Face à cela, je me sens démuni. Je mène une vie qui me fait souffrir et le plus grave, c’est qu’elle m’empêche d’entreprendre ce qui me tient à cœur : la création.
C’est une question sur laquelle je dois me pencher avec un peu plus de sérieux et de détermination. Les jours passent et l’au-delà n’existe pas, en tout cas, pas pour moi. L’ici et maintenant reste ma préoccupation.
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