Journal de recherche
Ce matin, en voulant reprendre l’écriture du journal, j’ai eu l’impression d’avoir des idées brouillées, entremêlées. Par quoi commencer donc ? Que faut-il écrire ? Il s’en est suivi une longue réflexion introspective, accompagnée d’une dose de colère.
Je suis sorti avec Y et S. Nous avons joué au ballon dans le Parc des Saules. J’ai l’impression que S est plus caractérielle que Y, elle est moins obéissante, elle s’obstine, elle ne veut pas rentrer à la maison. Il a fallu la tirer par la force, afin qu’elle accepte de rentrer à la maison.
Vers midi trente, J le bourgeois me téléphone et me parle de sa journée d’hier. Il faut rappeler qu’il n’écrit pas de journal ; ce qui fait qu’il cherche souvent à me joindre pour me parler ou bien pour me raconter ses malheurs, notamment sa souffrance dans le DEA. A ce propos, je lui ai proposé de créer un mouvement de contestation contre les pratiques de flicage et d’infantilisation des étudiants par R et B dans les TC1 et les TC2. Je lui ai rappelé une expérience à Fès : alors que l’on passait un examen d’écrit en fin d’année, il y avait un prof qui nous surveillait en en faisant un peu trop. Exaspérés par ses va-et-vient dans les rangs, nous avons décidé d’arrêter d’écrire en appelant à boycotter l’examen, tant que ce fameux prof n’est pas éloigné, écarté de la salle d’examen. Le doyen a débarqué dans la salle, les négociations avec lui ont débouché sur l’éloignement de ce prof et l’examen a repris.
Je bois de la bière et je mange la tête du lapin. Ensuite, je fais la sieste, j’en avais bien besoin. La preuve est que j’ai dormi pendant deux heures, j’ai même fait un rêve que j’ai oublié. Il faudrait que j’écrive mes rêves aussi. Ils constituent une partie de la personnalité.
J’ai beaucoup de travail à faire sur ordinateur. Celui-ci est quasiment monopolisé par B, elle tape les textes de Remi, elle saisit le texte de Georges Lapassade et elle continue à faire ses devoirs pour sa formation de documentaliste d’entreprise. Pendant ce temps, moi je reste dans mon coin cuisine à ruminer mes idées et ma tête ne cesse de tourner en rond et dans le vide. Heureusement qu’il y a le journal qui me permet de temps en temps d’échapper à cette situation inconfortable.
La traversée colérique de désert m’aboutit ou m’a conduit à refaire deux histoires, posture régressive :
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