Journal de recherche
Voici ce qu’écrit J.F Lyotard : « Le dispositif ou figure est seulement un opérateur métaphorique. Il est lui-même de l’énergie stabilisée, conservée. Freud emploie le mot d’investissement en ce sens plus militaire que financier (…). Les dispositifs ne sont ni sociaux, ni psychiques dans leur extension. Le même dispositif peut se retrouver opérant et traitant de l’énergie à l’échelle d’un objet « individu » ou à l’échelle d’un objet « groupe » ; inversement à l’une ou l’autre de ces échelles, plusieurs dispositifs peuvent se partager l’individu ou le groupe », p 140. Il ajoute page 141 que « Le nombre de dispositifs est très grand ! Le dispositif est l’organisation de branchement canalisant, régulant l’arrivée et la dépense d’énergie, en toutes régions ». Ou encore « ce que dit le mot dispositif : formation toute positive, affirmative, de distribution des intensités libidinales, mais les détraquant toujours jusqu’au dysfonctionnement », p 190.
Contrairement à l’acception statique, teintée de structuralisme de Foucault, J.F. Lyotard insiste sur la dynamique et la dimension dialectique des dispositifs. Certes, cette dernière approche critique déstabilise le chercheur à l’affût de résultats et de conclusions hâtives. Cela explique les actes manqués de la recherche évoqués ci-dessus, outre la méfiance classique des chercheurs en sciences humaines et sociales à l’égard de la philosophie, ainsi qu’à l’égard de la mise en question critique des certitudes parfois idéologiques qui guident ces chercheurs.
A propos de la critique, J.F. Lyotard, dans Des dispositifs pulsionnels, n’y va pas par quatre chemins, en voici la preuve : « Un dispositif est toujours aussi remarquable parce qu’il exclut que parce qu’il inclut, comme on l’a vu pour le récit… » page 256 et en page 117, il revient à la charge : « Si nous ne détruisons pas murs – entrée - sortie, à l’intérieur pourra se reconstituer sous divers noms : happenings, communautés, évents, autogestion, T- groupe, analyse institutionnelle, écriture automatique, œuvre ouverte, conseils ouvriers, une pratique qui, pour être critique n’est pas moins théâtrale, qui l’est autrement, un théâtre critique. Une théologie critique, avec un sujet déchiré, refendu, disent les Lacaniens ; et plus d’histoire - récit, mais le discours sur place, le discours de la plainte ».
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