Journal de 2013
Vendredi 4 janvier,
Je fais l’effort de prendre l’habitude d’écrire dans n’importe quelle situation. Ces derniers temps, j’écrivais surtout tôt le matin, quand tout le monde dort. Aujourd’hui, je tente le coup en écrivant en fin d’après-midi. C’est une délivrance, car ne pas écrire le journal, vous plonge dans des questionnements sans limites ; le mieux c’est d’écrire ce qui vient à l’instant en espérant que le reste suit !
Il me vient à l’esprit une conférence de Michel Lobrot à Paris8 sur le journal dans un colloque. Il explique que ce qui a donné une impulsion au diarisme, le rendant ainsi à la portée de tous, ce sont les surréalistes dans ce qu’il appelle l’écriture automatique : on écrit ce qui vient n’importe comment et n’importe où. Cette posture a contribué à désacraliser l’écriture et à faire circuler les échanges plus librement.
Hier, je me suis demandé s’il ne fallait pas développer la notion de l’implication à partir d’un exemple concret : le mien. Comment est-on impliqué dans un fait ou événement auquel on n’a pas participé ? Tout d’abord, lorsque j’ai appris qu’une fusillade s’est produite dans ma ville et pas loin de chez-moi, je suis allé sur place pour voir comme on dit ou plutôt pour observer, pour être plus précis, car on pouvait voir ce qui s’est passé après les faits en suivant les chaînes d’information. Ce que j’ai vu et surtout entendu, je ne pouvais pas l’avoir en regardant la télé. Je suis donc impliqué par ma présence même après les faits. Je suis impliqué secondement par ce que j’ai vu et entendu, car cela fait appel aux sentiments qu’ils évoquent et qu’ils provoquent. Je suis impliqué par la peur, par la compassion avec les proches des victimes, par l’écriture sur la fusillade et par mes différentes interrogations sur le phénomène du banditisme et trafics. Ainsi contrairement à l’approche juridique ou mathématique de l’implication, notre approche institutionnaliste de l’implication nous travaille de l’intérieur en mettant en valeur tout ce qui nous lie à la réalité, bien que ce lien soit complexe et divers. Il n’est pas isolable d’une manière objective. Ce que j’entends, je vois, j’observe a des effets incontestables sur ma conscience et pas seulement.
En ce moment, je suis travaillé par l’envie de développer les deux blogs que j’anime. Je passe aujourd’hui une grande partie de la matinée à essayer de comprendre comment faire référencer les blogs par des sites spécialisés dans la circulation de l’information via des réseaux Internet. Du coup je n’ai pas pu par exemple répondre à A qui attend mes propositions pour publier ses articles. J’essaie de deviner la situation dans laquelle il se trouve en m’appuyant sur la seule référence un peu précise un peu semblable à la sienne. Il y a quelques temps, un ami m’a raconté au téléphone qu’une étude a été réalisée sur les publications universitaires au Maroc ; les résultats sont accablants, car la majorité des universitaires ne publient rien ou très peu. Je suis incapable de comprendre ce phénomène qui m’aide à essayer de comprendre la situation de mon ami au Sénégal.
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