Journal de 2012
Lundi 31 décembre,
Au début de cette année 2012, qui s’achève aujourd’hui, je suis passé de l’écriture du journal sous forme de cahier ou de carnet, à l’écriture du journal directement sur ordinateur. L’expérience n’est pas parfaite, car je n’ai pas réussi à écrire tous les jours. Donc, à la lecture de ce journal, le lecteur va découvrir des trous dans le calendrier ! Cela fait un moment que je ne fais plus de promesses étant convaincu que je ne puisse pas les tenir. Je vais m’abstenir de faire la promesse d’écrire le journal au jour le jour. Je sais que lorsque l’on a pris l’habitude d’écrire tous les jours et que de temps en temps on a des empêchements ou on se trouve dans des situations où l’on ne peut pas écrire, on souffre en sombrant dans une forme de cogitation sur ce qui passe, qui mérite d’être raconté mais qui finalement ne l’est pas.
Je ne peux pas clore ce journal sans revenir sur quelques situations vécues depuis début novembre :
J’ai vécu les dix premiers jours de ce mois sans Internet. On a été coupé suite à une manipulation technique de la part notre opérateur. Cette expérience me conduit à m’interroger sur l’existence, au sens philosophique, et la technique ; sur l’impact du progrès technique sur l’existence. J’existe parce qu’il y a Internet et sans celui-ci, je n’existe pas. Constat sévère mais pas étonnant car depuis toujours la technique a influencé la vie humaine d’une manière constante. Le seul avantage de cette situation est qu’elle permet de poser la question sur la transformation de la vie par la technique. Lorsque la ligne fût rétablie, la vie normale est revenue, la routine, le train- train du cliquage et le temps qui s’écoule devant l’ordinateur qui fonctionne 24 sur 24, bref, « la normalité » de la vie quotidienne avec son lot d’ennui et de faux problèmes non résolus.
Vendredi 23 novembre, une fusillade à Orly. Les chaînes d’information passent en boucle les images de ma ville. Je découvre le spectacle médiatique après ma sieste. Je me dirige immédiatement vers le lieu du crime. Rencontre quelques personnes que je connais et je retiens ceci : le pauvre ouvrier qui était là pour déjeuner est mort gratuitement. Une personne me dit : cela s’est passé au moment où ma fille passait par là pour aller à l’école et moi j’ai été voir un ami dans le coin. Lorsque l’on est sur place et on pose la question sur ce qui s’est passé exactement, les gens répondent qu’il s’agit d’un règlement de compte entre bandes rivales. Ce constat s’appuie sur des événements précédents où il y a eu un mort et des blessés. Toute l’après-midi, Orly est quadrillée par la police les chaînes de télévision de radio et des journalistes de la presse écrite, sans oublier le balai des responsables politiques locaux et même le ministre de l’intérieur est venu le soir même. Le lendemain les projecteurs sont éteints sur la ville et presque plus rien.
Samedi 24 novembre, une réunion publique programmée depuis longtemps par la municipalité est annulée en raison de la fusillade. Je ne comprends pas cette décision ou du moins je me dis que les organisateurs ont estimé que les participants à cette réunion allaient se focaliser sur la fusillade de la veille. Finalement une rencontre est programmée pour la semaine suivante. Le journal Le Parisien en rapporte quelques échos de cette rencontre.
Dans le tract distribué par la municipalité faisant appel aux rencontres citoyennes, on peut lire des extraits des dires des gens qui affirment que l’on est bien dans cette ville qui se modernise et que tout va bien, je résume. Il est vrai que globalement la ville est calme et on y vit convenablement, mais de temps en temps, il se passe des choses qui soulèvent des interrogations. Les braquages dont on ne parle pas, des accrochages, sans parler des problèmes de la vie quotidienne des individus et des familles. Ce vaste chantier de la vie sociale dans cette ville mérite une réflexion et un débat approfondi que je ne peux ici que soulever.
Consacre le mois de décembre au lancement de ce blog et à sa mise en route. Je fais une rencontre qui fait suite au travail effectué avec des étudiants à Paris8 sur le journal et je lance le forum diaristique. Ainsi je termine l’année avec un projet qui se concrétise.
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