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Journal de diaristes

Journal de 2013

9 Janvier 2013 , Rédigé par Benyounès Bellagnech

Mardi 8 janvier,

Je n’écris rien.

Mercredi 9 janvier,

Lorsque cela arrive au diariste, de ne rien écrire, il n’hésite pas à l’écrire et laisser la page vide. Le problème avec ce journal du blog est que je ne peux pas poster cette phrase vide. Il y a une catégorie d’écrivains qui ont toujours quelque chose à écrire, je songe aux éditorialistes de la presse quotidienne par exemple. Ils sont capables de fabriquer des articles sur tout et lorsque l’on regarde autour de nous on constate ce flux incessant d’informations sur tous les sujets. A la différence du diariste, qui met en valeur son implication et sa manière d’agir, ne serait-ce que par l’écrit, à ce qu’il voit, ce qu’il sent, ce qu’il entend et ce qu’il pense.

Hier, cela fût mon sujet de méditation en lien avec l’écriture ou non quotidienne du diariste. Aujourd’hui je prolonge cette interrogation sur la finalité de l’écriture diaristique.

On entend souvent ce reproche fait au diariste : A quoi ça sert de raconter sa vie et en quoi cela puisse concerner un éventuel lecteur ? Si je veux rester dans une polémique absurde, je répondrai par la question suivante : A quoi cela sert de ne pas écrire le journal ? C’est en essayant de répondre à la seconde question y compris par l’absurde que l’on peut démontrer l’utilité du journal.

L’écriture quotidienne permet de définir une relation avec le temps. Ce temps qui passe et qui ne laisse aucune trace ou de vagues traces, le journal tente non pas de le maîtriser mais de le consigner.

Pour le diariste, l’écriture est une sorte d’intervention dans le temps. La temporalité ne se détermine plus seulement par quelques rares événements dans le mois ou l’année. Le temps est une sorte de flux héraclitien avec le quel il faut se débattre sans arrêt. Le quotidien est nettement mis en valeur contrairement à ce que la culture dominante essaye d’imposer par les autobiographies des stars qui font baver des millions de lecteurs à travers une certaine presse. Avec le diarisme le quotidien de chacun compte et pas seulement celui qui est lié aux faits divers.

Le lieu de vie ou l’espace en général compte beaucoup pour le diariste. L’espace n’est pas une notion abstraite. Vivre dans des bidonvilles ou dans des quartiers délabrés n’est pas la même chose que de vivre dans des villas ou des palais dans des quartiers chics. L’écriture s’est trop focalisée sur la vie des princes et des gens « de la haute société », hier comme aujourd’hui. La vie des gens d’en bas n’est évoquée que rarement où à l’occasion d’un fait divers. Le diariste est attiré par l’espace là où il se trouve et à tout moment. Intervenir dans le temps, dans l’espace et dans la vie quotidienne, voici la mission du diariste.

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