Journal de recherche
Jeudi 13 janvier, 8 h 45
Sur l’homme total, qui est le titre de ce troisième chapitre, Henri Lefebvre commence par l’usage que fait la philosophie de ce concept assez présent chez les philosophes, mais l’auteur s’arrête longuement sur l’œuvre de Marx pour tenter de l’expliciter. Par la suite, il critique l’usage formel de la dialectique et en donne cette définition : « La méthodologie dialectique (la logique dialectique plus particulièrement) n’a le droit de s’ériger, ni en connaissance, ni en critère, ni en principe synthétique, de la connaissance. Elle nous renseigne sur les connexions formelles des concepts ».
Dans ce même chapitre, il y a plusieurs passages sur l’éducation et la pédagogie « encore faut-il dialectiser ces notions, et vérifier de près si cette dialectique saisit le mouvement du réel (et de l’action sur ce réel par la voie pédagogique) » p. 595. (…) « La dialectique n’ayant pas le droit de se constituer en discours de second degré (discours ou verbiage dialectique extérieur à la réalité de la parole et du langage, avec ou terminologie séparée ou jargon) comment dialectiser la dialectique en ce sens, comment la dégager comme telle de la pure et formelle méthodologie aussi bien que de la systématisation, Comment lui permettre non seulement de saisir du réel mais de devenir réelle, au niveau de la praxis quotidienne, » p. 611.
On passe au chapitre V car il n’y a pas de chapitre IV dans cette cinquième partie du livre, c’est probablement un oubli ou une erreur dans la mise en page. Henri Lefebvre y traite la question de la critique de la vie quotidienne – livre en trois volumes que je dois relire impérativement dans les jours à venir - il y répond à ses détracteurs en se plaçant à la fois dans la philosophie et en dehors d’elle : dans la philosophie en lui empruntant le concept d’aliénation, concept central dans l’approche lefebvrienne ; hors d’elle, en ce sens qu’il s’attaque à la réalité de la vie quotidienne par le biais de la théorie des moments.
Henri Lefebvre souligne que la politique et l’Etat, étant condamnés au dépérissement, ne peuvent pas traiter la vie quotidienne, mais au contraire ils l’entravent. Il revient à la dialectique, réclame sa dialectisation en terminant le chapitre par une chanson.
/image%2F0175983%2F201212%2Fob_1b162f_12162-1187662291116-3787626-n-jpg.jpg)