Journal de recherche
Une anecdote rapportée par Georges Lapassade : un jour, on a posé la question à une institutionnaliste : qu’est-ce que l’AI ? Elle a répondu : l’AI c’est moi. Il est vrai que lorsque l’on étudie l’apport de chaque institutionnaliste, hormis leurs points communs ou leur particularité, on découvre par exemple chez Lapassade le concept de l’institution qui est presque l’équivalent de l’inconscient chez Freud, si j’ose cette comparaison ; ajouté à cela toutes les inventions de méthodes d’approche des groupes humains : ethnométhodologie, microsociologie, ethnopsychosociologie, etc., tandis que René Lourau théorise l’AI et notamment l’un de ses concepts principaux, qui est l’implication déployée entre autres par Remi Hess dans sa thèse en 1973 et dans plusieurs de ses textes. Chez Patrice Ville et Christiane Gilon, il s’agit de l’intervention socianalytique, de courte comme de longue durée chez EDF. Quant à Remi Hess, il a développé d’une part l’édition et la réédition de l’œuvre de l’AI, lui donnant ainsi une dimension mondiale. Et d’autre part, il fait du diarisme, c’est-à-dire l’écriture de journaux, non seulement un outil principal de recherche, mais presque un mode d’existence et de pensée de tout un chacun. Il développe par ailleurs avec Christine Delory - Momberger l’autobiographie, qui était jusqu’alors réservée à certains membres des classes dominantes. Son ouvrage , écrit avec Christine Delory - Momberger, est la preuve de l’entrée de l’autobiographie dans l’histoire, car il traite de la question que tout le monde se pose : à savoir quel sens chacun de nous donne à son histoire individuelle.
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