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Journal de diaristes

Journal de recherche

8 Mars 2013 , Rédigé par Benyounès Bellagnech

Lors de la conférence sur René Lourau, Remi Hess fait un rappel de certaines notions travaillées par Lourau et notamment le transfert, le contre-transfert, l’implication et l’autogestion. Il évoque également son rôle dans la fondation du journal comme outil de la recherche, pratique devenue presque courante dans l’analyse institutionnelle. Il rappelle enfin que la transduction fût le concept sur lequel travaillait René Lourau avant sa mort. « Il y a un lien logique dans l’œuvre de René Lourau entre sa théorisation du journal et son évolution finale vers la transduction » (p73).

Aller à la rencontre de l’autre, c’est aussi se confronter à sa langue, notamment lorsque celle-ci nous est inconnue. En évoquant ce dilemme, l’auteur raconte qu’il avait eu l’envie d’apprendre les langues latines, mais qu’une sorte de distribution de tâches s’était instaurée du vivant de René Lourau. Celui-ci se consacrait à l’Amérique latine, tandis que Remi Hess s’occupait du Nord et particulièrement de l’Allemagne. Toutefois, invité par les Brésiliens pour parler de Lourau, l’auteur ne peut pas s’empêcher de se mettre au brésilien. Les interférences s’imposent par la vitalité de l’AI au Brésil. C’est un moment de rencontres où l’on raconte des histoires, des anecdotes, des souvenirs de la vie collective, en ayant à l’esprit le passage de René Lourau, toujours présent par ses écrits traduits et largement diffusés chez les institutionnalistes brésiliens.

 Pour Remi Hess, la conférence représente aussi l’occasion de développer sa réflexion théorique. La théorie des moments, inspirée par Henri Lefebvre, est largement expliquée dans cet ouvrage. Il y évoque l’effet Meslier et le cryptisme, la construction du moment face à l’enfant en citant Françoise Dolto, l’apprentissage de la langue comme moment et non pas comme apprentissage didactique dans l’absolu. « On voit donc que l’éducation aurait intérêt à s’approprier la théorie des moments. Et la psychologie aussi. Et pas seulement la psychologie individuelle, mais aussi la psychosociologie, la psychologie des groupes, le travail social. Car ce que j’ai développé sur le terrain de la construction du sujet individuel pourrait fonctionner au niveau des groupes et des organisations » (p 115). La théorie des moments est aussi politique puisqu’elle permet une distinction entre la situation et le moment. Celui-ci peut être interculturel et aide à se confronter à d’autres cultures dans différentes situations. Sans oublier la dimension clinique des moments et la superposition des moments… On voit bien que ce chapitre consacré à la théorie des moments confirme le fait que le voyage et les conférences, bien qu’ils devraient, à priori, être consacrés à la mémoire de René Lourau, se transforment en moment de création et développement d’une théorie ou d’un ouvrage entamé par ailleurs. René Lourau serait probablement fier de voir l’AI s’ouvrir et ouvrir d’autres pistes de réflexions théoriques. 

Lors de la conférence sur René Lourau, Remi Hess fait un rappel de certaines notions travaillées par Lourau et notamment le transfert, le contre-transfert, l’implication et l’autogestion. Il évoque également son rôle dans la fondation du journal comme outil de la recherche, pratique devenue presque courante dans l’analyse institutionnelle. Il rappelle enfin que la transduction fût le concept sur lequel travaillait René Lourau avant sa mort. « Il y a un lien logique dans l’œuvre de René Lourau entre sa théorisation du journal et son évolution finale vers la transduction » (p73).

Aller à la rencontre de l’autre, c’est aussi se confronter à sa langue, notamment lorsque celle-ci nous est inconnue. En évoquant ce dilemme, l’auteur raconte qu’il avait eu l’envie d’apprendre les langues latines, mais qu’une sorte de distribution de tâches s’était instaurée du vivant de René Lourau. Celui-ci se consacrait à l’Amérique latine, tandis que Remi Hess s’occupait du Nord et particulièrement de l’Allemagne. Toutefois, invité par les Brésiliens pour parler de Lourau, l’auteur ne peut pas s’empêcher de se mettre au brésilien. Les interférences s’imposent par la vitalité de l’AI au Brésil. C’est un moment de rencontres où l’on raconte des histoires, des anecdotes, des souvenirs de la vie collective, en ayant à l’esprit le passage de René Lourau, toujours présent par ses écrits traduits et largement diffusés chez les institutionnalistes brésiliens.

Pour Remi Hess, la conférence représente aussi l’occasion de développer sa réflexion théorique. La théorie des moments, inspirée par Henri Lefebvre, est largement expliquée dans cet ouvrage. Il y évoque l’effet Meslier et le cryptisme, la construction du moment face à l’enfant en citant Françoise Dolto, l’apprentissage de la langue comme moment et non pas comme apprentissage didactique dans l’absolu. « On voit donc que l’éducation aurait intérêt à s’approprier la théorie des moments. Et la psychologie aussi. Et pas seulement la psychologie individuelle, mais aussi la psychosociologie, la psychologie des groupes, le travail social. Car ce que j’ai développé sur le terrain de la construction du sujet individuel pourrait fonctionner au niveau des groupes et des organisations » (p 115). La théorie des moments est aussi politique puisqu’elle permet une distinction entre la situation et le moment. Celui-ci peut être interculturel et aide à se confronter à d’autres cultures dans différentes situations. Sans oublier la dimension clinique des moments et la superposition des moments… On voit bien que ce chapitre consacré à la théorie des moments confirme le fait que le voyage et les conférences, bien qu’ils devraient, à priori, être consacrés à la mémoire de René Lourau, se transforment en moment de création et développement d’une théorie ou d’un ouvrage entamé par ailleurs. René Lourau serait probablement fier de voir l’AI s’ouvrir et ouvrir d’autres pistes de réflexions théoriques.

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