Journal de recherche
Vendredi 25 mai, 7 h 55
La sélection des faits à retenir échappe à notre connaissance et Freud donne l’exemple de deux personnes ayant voyagé ensemble mais n’en gardant pas les mêmes souvenirs. « Nous voyons que beaucoup de choses sont oubliées pour elles-mêmes ; mais dans le cas où cela n’est pas possible, l’instinct de défense déplace son but et plonge dans l’oubli autre chose, une chose moins importante, mais qui, pour une raison ou une autre, est reliée à la chose principale par une quelconque association » p. 158.
Note de Darwin : « J’ai pendant de nombreuses années, suivi une règle d’or : chaque fois notamment que je me trouvais en présence d’un fait publié, d’une observation ou d’une idée nouvelle, qui étaient en opposition avec les résultats généraux obtenus par moi, je prenais soin de noter fidèlement et immédiatement, car je savais par expérience que les idées et les faits de ce genre disparaissent plus facilement de la mémoire que ceux qui vous sont favorables. » pp. 158-159.
Un passage intéressant sur la propriété privée et sur l’argent. Freud rappelle que le nourrisson met dans la bouche tout ce qu’il trouve, et ajoute que cette manie ne disparaît qu’avec l’éducation et la culture. Toutefois, ajoute-t-il, elle ne disparaît pas complètement, elle se transforme dans le rapport à l’argent : ne pas vouloir payer, hésiter et oublier. On a plus tendance à oublier une enveloppe contenant une facture qu’une enveloppe un chèque, fait remarquer l’auteur.
« Je ne vois pas pourquoi on refuserait, à cette sorte de sagesse, qui est la cristallisation des expériences de la vie quotidienne, une place parmi les acquisitions de la science.» p. 169. « Ce qui constitue le caractère essentiel du travail scientifique, ce n’est pas la nature des faits sur lequel il porte, mais la rigueur de la méthode qui préside à la constatation de ces faits et la recherche d’une synthèse aussi vaste que possible.» p. 170.
L’oubli et la résistance au projet ; Freud dit avoir renoncé pour reconnaître sa résistance à écrire une note de lecture.
Lorsque l’on lit Freud, on est frappé par la similitude des faits rapportés avec nos gestes et comportements au quotidien. Cette situation, au cours de la lecture, me fait oublier parfois que je suis en train de lire. Je suis distant par des allusions à mes propres faits et gestes.
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