Overblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Journal de diaristes

Journal decorrespondance

9 Janvier 2014 , Rédigé par Anne-Valérie Revel Publié dans #Journal de correspondance

Cher Benyounès,

Diariste confirmée??? Je ne suis pas trop sûr, mais je laisse aller ma plume au grès de mes humeurs et de mes découvertes.

Je serais ravie de participer à ton blog sur le journal de correspondance. En Master 1, j'avais intégré une dimension correspondance dans mon journal total de recherche. Et en le relisant, je m'aperçois qu'il y a beaucoup de plus de correspondance avec les autres étudiants (liés aux forums de la plateforme) que je ne le pensais car en créant au départ un sous-titre "correspondance" sur ce journal, j'avais dans l'idée des correspondances "épistolaires" (ou devrais-je dire "e-mailaire").

D'ailleurs, pour ma thèse, je me demande si je ne devrais pas intégrer cette dimension dans la partie sur le journal des moments; je suis en réflexion sur le possible de correspondances de recherche qui pourrait construire un journal institutionnel (une sorte de "fabrique" du journal institutionnel). Comme tu vois, je suis dans un grand "chantier" pour ma thèse.

Je vais aller chercher l'article de Jean-Marie Brohm; et je ne savais pas que Lapassade entretenait ce lien avec son chien (comme quoi, je le connais trop peu. Il faudra que je trouve un moment pour aller à Ste Gemmes fouiller dans ses archives que Remi a récupérer).

A très bientôt (peut-être aurons-nous l'occasion de nous voir sur Paris 8 ou à Ste Gemmes -j'aimerais bien que Remi organise des journées de travail d'AI avec les doctorants et les docteurs d'Experice, et ceux de l’extérieur, comme il le faisait à un moment. D'ailleurs, je ne sais pas si tu as vu sur la page FB, Camille voulait organiser une université d'été à Ligoure. Et j'aimerais l'aider. Il me semble que tu y as participé lorsque cela se faisait avec les anciens. Cela pourrait être bien que tu nous conseilles sur ce genre de rencontre en toute Autogestion, et son organisation. Car nous sommes quelque peu des novices).

Je t'embrasse


Anne-Valérie Revel

Chère Anne-Valèrie,

Tout d'abord, je te demande de m'excuser car je n'ai pas pu répondre à temps à ton message pour des raisons que j'expliquerai par la suite.

Un ou une diariste est celui ou celle qui écrit un journal et si mes souvenirs sont exacts, nous avons déjà eu des échanges passionnants sur l'écriture du journal dans le cadre de l'IED. Les années passent et les mordus du journal continuent à écrire. C'est bien cela qui me conduit à te dire que tu es une diariste confirmée. Ton chantier de thèse confirme que tu accordes une place importante au journal et cela conforte mon idée sur la recherche qui doit intégrer l'analyse de l'implication du chercheur par le biais du journal.

L'article de jean-Marie Brohm est publié dans le n°1 de la revue lesirrAIductibles. Quant au chien de Lapassade, cela m'étonnerait que tu puisses trouver grand chose dans les archives de Georges, car je n'ai pas de souvenir qu'il ait écrit quelque chose spécifique à son chien par contre on peut trouver des bribes sur le comportement du chien dans les journaux datant d'après 2000.

C'est l'occasion pour moi de rappeler quelques souvenirs de ce chien: En 2000, Lapassade récupère un chien errant dans la rue, très affaibli, il décide de le ramener chez lui rue de la liberté en face de la fac. Il décide de l'adopter et donc de le garder à la maison. Il se trouve que la maison de Georges était squattée par des étudiants sans papiers et la venue du chien contribue à ajouter de l'ambiance au squat!. Les squatteurs participent à l'accueil du chien et à son adoption d'où le nom donné au chien ZAYAN. Ce nom évoque une tribu bèrbère marocaine très célèbre du moyen-atlas marocain.

Petit-à-petit, Zayan qui était très faible et amaigri commence à revivre, une corde au coup Georges commence à le sortir dehors et l'on pouvait voir Georges toujours accompagné de Zayan. Georges commence à récupérer la nourriture au Restaurant universitaire pour la donner au chien. D'autres voisins et amis apportaient la nourriture ainsi le chien commence à reprendre des forces. Il ne passe plus inaperçu. Un jour nous allons manger avec Georges au RU, il nous demande s'il peut amener le chien; Nous ne savons pas quoi répondre sinon : Tu fais ce que tu veux Georges! avons nous-dit. Il le ramène au RU et puisque le chien est devenu robuste, il ne tient plus en place, il commence à courir partout et un moment donné il va boire de l'eau là où les gens se servent, une employée du RU arrive en courant et dit à Georges: Soyez sérieux M Lapassade, c'est quoi ce bazarre on ne ramène pas un chien au RU. Georges dit pourquoi? Il n'insiste pas trop et embarque Zayan à la maison.

Georges donnait des cours en DESS dans une petite salle et puisque le cours dure 4 heures, il ne pouvait pas laisser le chien à la maison qui n'est plus squattée, il décide donc de ramener la chien en Cours. Une étudiante décrit le comportement de Zayan dans la classe en disant qu'il crée un bordel pas possible il mange même le bout de tissu qui sert à effacer le tableau. En effet Zayan mange tout ce qu'il trouve y compris parfois le courrier. Une fois, il a sauté sur une passante lui arraché son sac à main en la mordant un peu et cette femme a porté plainte contre Georges. La robustesse de Zayan a pris de l'ampleur. Je me souviens une fois avoir accompagné quelqu'un qui veut sortir le chien, nous étions deux à vouloir le retenir et nous n'avons pas réussi. Nous sommes rentrés de suite car nous n'avons pas pu marcher 10 mètres.

Zayan accumule les ennuis et Georges affaibli par la maladie, le chien reste enfermé à la maison il ne sort plus mais n'empêche qu'il est devenu un danger pour les visiteurs de Georges, ils ne sont pas nombreux à venir lui rendre visite. Une fois j'avais rdv le matin avec Georges, j'arrive devant la maison et je trouve René Scherer, je lui demande pourquoi il ne rentre pas , il me dit qu'il n'ose pas à cause du chien. Une autre fois, j'arrive avec quelqu'un pour travailler toute la journée avec Georges; Zayan me connait, il me saute dessus, mais le problème était la personne qui m'accompagnait, elle avait peur et donc je devais empêcher Zayan de s'en rapprocher, j'avais les bras découverts, le soir quand je suis rentré chez moi, j'ai remarqué que j'étais couvert de traces de morsures du chien. Ce n'était pas méchant mais tout le monde ne peut supporter cela.

Malgré tout, Georges a maintenu une relation très affective avec Zayan. C'était son unique compagnon chez lui. Les derniers jours passés à la clinique, Georges n'avait que zayan dans la bouche, il s'inquiétait de son sort.

Voilà c'est l'occasion pour moi de faire vivre ce souvenir de Zayan dont je n'ai plus de nouvelles.

Je t'embrasse et à très bientôt

Benyounès Bellagnech

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article