Journal de lecture
La marche de l’évolution est une succession de négations. Hegel rapporte souvent l’exemple du germe, noyau, graine qui se développe en se niant : « Le fruit renferme toute la forme des formes précédentes ».
L’intérêt de l’histoire de la philosophie réside selon Hegel dans le présent, c’est la philosophie du présent qui prime chez lui.
Quant au concept du moment, il l’utilise comme négatif ; autrement-dit, le moment nie un autre moment, le moment philosophique nie le moment religieux. C’est important dans la conception du moment qui ne se résume pas à un état d’esprit. Dans le texte hégélien, le moment s’inscrit dans l’évolution et le processus.
Pour conclure cet écrit aphoristique sur « leçons de l’histoire de la philosophie », je ne peux m’empêcher de transcrire ce paragraphe qui résume bien l’universel : « En Grèce, dirions-nous, commence le monde de la liberté. Le fondement de la liberté, c’est que l’esprit se pense, que l’individu ait dans sa particularité l’intuition de lui-même comme universel, que chacun en son individualité, se sache universel, que son être consiste à être universel dans l’universel. Son être est son universalité, et son universalité son être. L’universalité est ce rapport à soi qui consiste à n’être pas auprès d’une chose autre, étrangère, de n’avoir pas son essence en autre chose, mais à être auprès de soi – à l’avoir comme universelle auprès de soi, l’universel. Cette condition d’être auprès de soi, c’est l’infinité de Moi – la personnalité ; cette détermination de la liberté constitue l’être pour l’esprit pour l’esprit qui s’appréhende. Se savoir libre, c’est aussi l’être d’un peuple ; d’après ce savoir, il établit pour soi son monde, ses lois du droit, de la moralité sociale, de tout le reste de la vie. Il se sait ainsi universel essentiellement ». T2 p21.
Avant de passer à la relecture de La Raison dans l’histoire[1], je souligne que j’ai lu, dès que je l’ai eu, le livre établi par Kareen pour une énième édition, Essai sur l’emploi du temps de Marc-Antoine Julien, 1808. Il ne faut pas que j’oublie d’écrire mes impressions sur cet ouvrage.
Par ailleurs, les camarades des Cahiers de l’implication ont sorti le numéro 7, c’est à dire le numéro 1 d’une nouvelle formule : Revue d’analyse institutionnelle et en petits caractères Les cahiers de l’implication. Faut-il y voir une dérive par rapport à la prophétie Lourauldienne de l’implication ? Il est trop tôt pour l’affirmer. En tout cas, le numéro porte sur l’autogestion. J’ai lu d’un trait les 150 pages. J’ai préféré certains articles à d’autres, mais dans l’ensemble, le numéro est très bien fait. Il était temps, car l’équipe a mis trois ans pour sortir 150 pages !
[1] Hegel, La raison dans l’histoire, Paris, UGE, coll 10-18, 1965, 320p.
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