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Journal de diaristes

Journal de lecture

5 Novembre 2013 , Rédigé par Benyounès Bellagnech

Mardi 12 décembre 2006, 11 heures,

Je n’ai pas prévu d’écrire le journal ce matin, car pris dans la lecture de Hegel, je ne m’attendais pas à finir le livre si tôt ! C’est fait, je termine à l’instant le deuxième tome de Leçons sur l’histoire de la philosophie.

Dans un autre cahier de notes, je me suis interrogé sur l’opportunité de cette lecture à cet instant. La réponse à cette question se trouve dans ma préoccupation actuelle. En effet, je suis à la recherche de la performance en matière de la dialectique. Henri Lefebvre dit que c’est la science des contradictions ; et comme toute science, elle exige une maîtrise sans faille. La dialectique est essentielle dans ma recherche.

Ainsi que toute lecture, celle de Hegel demande du temps et particulièrement beaucoup de concentration. Ces deux conditions ont été réunies par ma maladie qui m’empêche de répondre aux sollicitations extérieures. A ce propos, je pense très souvent à Omar Benjelloun, idéologue et militant, politique marocain, assassiné par les islamistes avec la complicité de l’Etat, qui disait qu’il n’y a que la prison qui permet au militant de lire abondamment et de se former. L’Etat de maladie est semblable, d’un certain point de vue, à la situation du prisonnier ; ils ont en commun la disponibilité et le temps.

Ceci étant dit, cette lecture m’a replongé dans des textes qui me procurent de la jouissance. La limpidité, la clarté du style. Hegel, contrairement à ce que l’on dit sur lui, ne se contente pas d’être clair, mais il revendique la simplicité de la philosophie. Il s’attaque violemment à l’érudition, la scolastique, et aux Français, lesquels, selon lui, ne savent pas être clairs et simples. Ce sont ses remarques passagères dans le livre, mais pertinentes pour moi. Par exemple, « une simple collection de connaissances ne constitue pas une science », T2 p 179.

Résumer ces deux ouvrages n’est pas mon intention. Il s’agit, pour moi, de saisir l’histoire de la philosophie. La relation ou le rapport avec la religion, l’art et la politique. L’objet de la philosophie est la pensée elle-même.

La lecture de ces deux tomes permet de saisir la dialectique comme évolution. Le mot dialectique ne revient pas souvent dans le texte, mais les autres notions qui l’expliquent sont en revanche assez présentes.

L’universel ou le général, le particulier et le singulier (bien que le traducteur parle de l’individuel). La liberté est centrale dans le texte. La philosophie suppose l’être libre. Cette affirmation permet à Hegel de distinguer la philosophie de la religion et des pensées préphilosophiques (chinoise et hindoue). Il est à noter que pour lui les pensées arabe et judaïque sont marginales dans l’histoire de la philosophie !

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