Journal de lecture
Tout en rédigeant son journal, M. Leiris théorise de temps à autre cette pratique du diarisme. « Je ne relate guère, certes, comme péripétie de ce voyage que celles où j’ai été personnellement engagé. Je ne raconte que les événements auxquels j’ai moi-même assisté. Je décris peu, je note des détails qu’il est loisible à chacun de déclarer déplacés ou futiles. J’en néglige d’autres, qu’on peut juger plus importants. Je n’ai pour ainsi dire rien fait, après coup, pour corriger ce qu’il y a là de trop individuel. Mais ce, afin de parvenir au maximum de vérité, car rien n’est vrai que le concret. C’est en poussant à l’extrême le particulier que, bien souvent, on touche au général ; en exhibant le coefficient personnel au grand jour qu’on permet le calcul de l’erreur ; en portant la subjectivité à son comble qu’on obtient l’objectivité ». p 264.
Ce paragraphe choisi parmi d’autres en tant qu’exemple de la réflexion que mène l’auteur sur son journal. Ceci m’incite à feuilleter ce journal – le mien - en m’interrogeant sur sa pertinence et son utilité ! Bien qu’il soit un journal de lecture, sa relecture m’apporte à chaque fois quelque chose que je n’arrive pas à décrire. Bon, je continue à lire.
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