Journal de recherche
L’analyse de l’institution suppose la mise en lumière de son histoire (création), de son fonctionnement, de ses dispositifs, de ses acteurs, de ses objectifs, de ses moyens et de leur origine et destination, de sa gestion : administration, locaux, hiérarchie, division du travail et répartition des tâches, etc. Cependant, l’analyse en général se contente souvent de relater une situation stable en apparence, c’est à dire qu’elle se limite d’une manière statique à l’institué. Par contre, l’approche dialectique essaie de montrer le processus d’institutionnalisation, qui est une dynamique permanente, même si parfois, en son sein, on a l’impression que rien ne bouge. Ainsi la circonstance, qui n’est pas l’analyseur, ne fait que montrer une situation qui est déjà là, qui se développe « en douceur », en catimini, avant d’émerger ou de surgir comme une situation conflictuelle mettant en scène des acteurs, groupes ou organisations dans le cas de l’université (labos, équipes, étudiants, profs, administrateurs, conseils, contrôles, examens, habilitation, évaluation …).
Le journal institutionnel de circonstance nous renseigne sur les dates d’inscription, de soutenance, de validation et d’annonce de résultat. Bien qu’il date de l’après-rentrée universitaire (16 novembre), jusque là rien d’anormal : nous sommes dans l’habitus, sauf que cette fois-ci, un fait déclencheur surgit, à savoir l’invalidation de deux mémoires soutenus sous la direction de René Lourau et de Guy Berger, deux professeurs figurant parmi les fondateurs du département des sciences de l’éducation de l’université de Paris 8, et partant à la retraite. L’invalidation du DEA ne signifie pas seulement une baisse de la mention, ni un refus d’inscription en doctorat, mais elle vise également la remise en question de la pratique, de la qualité pédagogique des professeurs, sans parler de la mise en cause de leur légitimité. Cette invalidation a tout naturellement déclenché et suscité des débats, des dénonciations écrites ou orales. C’est ainsi que certains séminaires se sont transformés en assemblées générales d’analyse généralisée et d’action revendiquant la transparence et la consultation des étudiants et de leur représentation.
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