Journal de recherche
Je tends à Christiane les photos prises lors de la fête organisée chez moi. Je lui propose de choisir les photos qu’elle désire garder. Nous parlons un peu de ma participation à leur équipe d’intervention. Patrice va envoyer un message à Christelle, et me dit de voir un peu avec Jamal. Je les quitte avec le magnéto. Je rejoins Jamal à la Mer Rouge. Sur le chemin, je demeure songeur. Je réactive le film de l’après-midi. Je pense à Remi, et je me dis qu’il fait beaucoup pour défendre les autres, les étudiants, les profs, les étrangers. Quand je pense aux critiques que certains lui adressent et je parle surtout des étudiants, je me dis qu’ils n’ont rien compris au film et qu’ils se trompent complètement d’adversaires. J’ai tendance à le défendre, tout en sachant que mes interlocuteurs vont se dire qu’il (moi) défend Remi parce que c’est son directeur de recherche, mais j’en connais qui ne sont pas prêts à défendre leur directeur de recherche.
Avec Remi, on n’a pas seulement affaire à un maître pédagogue, chercheur, écrivain, militant, compagnon, mais on se sent tellement proche de lui, que quelqu’un de culture arabe le prendrait pour le grand frère avec toute la symbolique affective du grand Frère chez les Arabes. Ce que je dis là, un Français de souche faisant ses études à Paris ne peut pas le comprendre, il faut qu’il aille à l’étranger et fasse l’expérience d’une relation avec un directeur de recherche et c’est là, s’il a la chance de trouver quelqu’un comme Remi, qu’il comprendra mes propos.
Avec Patrice et Remi, nous avons affaire à une espèce très rare de profs. Pour ma part, la disparition brutale de René Lourau a été une catastrophe, mais Patrice et Remi assurent la continuité d’un style de pédagogue rarissime à l’université de nos jours.
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