Journal de recherche
Samedi 18 octobre, 9 h 30
Une idée m’a traversé l’esprit jeudi soir, faut-il soutenir une thèse ou plutôt une anti – thèse, faut-il remettre en cause le diplôme de doctorat, faut-il remettre en cause le dispositif de la soutenance et le caractère individuel de la recherche ?
A l’instant, B me demande si Roland Barthes s’écrit avec un s à la fin. Je dis oui et pour m’assurer de l’orthographe je vais regarder ma bibliothèque dont l’accès est devenu impossible. Puis-je appeler cela le bordel de la recherche !
J m’implique davantage dans sa recherche, il m’appelle au moins une fois par jour. Hier soir, il m’a envoyé un texte de 12 pages que je devrais lire et corriger avant de le lui renvoyer aujourd’hui avant midi.
Hier, vendredi, Remi a insisté sur le fait que je devrais écrire un texte de 50 pages sur les mardis de l’AI. J’ai promis de le faire rapidement pour tenir ma promesse. Il y va de la réussite de notre mouvement à Paris 8 et ailleurs.
Je lis en ce moment deux livres : Raison et violence et Critique de la vie quotidienne, Introduction d’Henri Lefebvre . On peut lire page 47 du premier ouvrage cité : « Pourtant, c’est un marxiste, Henri Lefebvre, qui nous fournit une méthode permettant d’intégrer l’histoire et la sociologie dans la perspective de la dialectique matérialiste, méthode que Sartre trouve irréprochable. Lefebvre remarque que, en étudiant la paysannerie, par exemple, la réalité paysanne se présente d’abord avec une complexité horizontale qui renvoie à un groupe humain avec ses techniques de production agricole, ses rapports entre ces techniques et la structure sociale qu’elles déterminent et qui à son tour conditionnent le groupe. Le groupe dépend des collectivités à l’échelle nationale et internationale, et ainsi de suite. Puis il y a une complexité verticale qui, elle, est historique (Coexistence dans le monde rural de formations d’âge et de date différents). Ces deux complexités agissent et réagissent l’une sur l’autre. Pour étudier une semblable situation, tout en la préservant dans ce qu’elle a de complexe, Lefebvre ébauche une méthode constituée de trois moments. Premièrement : une phase de description phénoménologique – l’observation est informée par l’expérience et une théorie générale. Deuxièmement : un moment analytico – régressif - retour en arrière dans l’histoire de l’objet pour le définir et le dater dans ses premières phases. Troisièmement : un moment synthético – progressif qui est toujours historico – génétique, mais qui se déplace du passé au présent, en un effort pour redécouvrir le présent élucidé et reconstitué à la lumière du procédé total phénoménologique analytico – synthétique et régressif progressif. » Méthode que Sartre estime valable et applique aux individus et aux relations concrètes entre les individus.
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