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Journal de diaristes

Journal d recherche

19 Mars 2013 , Rédigé par Benyounès Bellagnech

En résumé : dans l’histoire de l’analyse institutionnelle, la tenue d’un journal a toujours été importante, mais cette pratique a évolué au fil du temps. Dans les ouvrages institutionnalistes publiés entres les années 60 et 80, on ne publiait pas du tout les journaux. Le lecteur peut déceler des traces du diarisme dans ces ouvrages, mais cela reste indirect et implicite. Au cours des années 80 et 90, la part des journaux au cœur des ouvrages est devenue de plus en plus importante et la question du diarisme est évoquée comme problématique de recherche. C’est à partir des années 2000 que le journal commence à prendre une place privilégiée dans la théorie et la pratique institutionnaliste à l’initiative de Remi Hess. En effet, ce dernier place le journal au cœur du paradigme de l’Analyse institutionnelle, ce qui représente un renouveau de l’AI.

Comme je l’ai expliqué ci-dessus, cette thèse aurait besoin d’être étayée, mais en attendant, je me contente de lancer ce débat qui me parait fondamental, en vue d’une part de tenir à la méthode régressive progressive, car j’estime que ma recherche s’inscrit dans ce contexte de l’évolution de l’AI et par là même de la pratique du journal et que je ne peux pas traiter de ma pratique du journal sans évoquer l’état actuel de la problématique collective. Et d’autre part cela me permet de revenir en arrière, sur les points évoqués dans les chapitres précédents et dans lesquels le journal tient une place non négligeable.

Avant de décrire ma pratique du diarisme, je tiens à souligner cette mise en garde contre l’excès ou le débordement du subjectivisme, phénomène récurent dans les journaux, car ceux-ci sont par définition des produits individuels. L’approche dialectique de l’écriture du journal s’impose, en vue d’éviter ce malentendu et cette confusion que suscite le diarisme. Celui qui écrit un journal est par essence un individu qui met en scène d’écriture sa singularité. Or, le mode de cette présentation se fait dans la langue et celle-ci est par essence sociale ou universelle. L’individu y imprime sa particularité. L’ensemble forme une totalité. La totalité étant dialectique c’est-à-dire englobant des contradictions qui font qu’elle est mouvement et non pas un ensemble stable. L’application de cette méthode d’analyse permet d’une part de contextualiser la pratique du journal, et d’autre part de lever la confusion de l’apparence subjectiviste du produit diaristique.

Ainsi, en voulant traiter ma pratique du journal, je cherche à l’inscrire dans le contexte en partie évoqué dans ce qui a précédé et dans l’autre partie évoquée dans les journaux que je vais traiter par la suite.

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