Journal de recherche
Faut-il écrire à tout moment et dans toutes les conditions ? Je me pose la question car j’ai du mal à comprendre pourquoi j’ai cessé d’écrire le journal depuis dix mois. Est-ce parce que les conditions ne le permettent pas, mais quelles conditions ?
Pour écrire, il faut un stylo, un cahier et un peu de temps. Je suppose que ces conditions sont réunies. L’écriture du journal aide à tenir le coup, contre le désespoir, la désillusion, l’inquiétude, le désarroi…
Le 11 septembre m’a beaucoup marqué, c’est à partir de ce jour que j’ai commencé à douter de l’écriture, de son utilité et de sa capacité à décrire l’impossible, étant dans ce cas l’extermination en quelques minutes de milliers de personnes.
Avant le 11 septembre, j’écrivais presque régulièrement (tous les jours) le journal.
Le 12 septembre, il y a eu la soutenance de thèse de Patrice. Ce fut un grand jour pour moi et pour l’analyse institutionnelle. Le soir du 13 septembre, je pars pour Saint Alban pour ma première participation à une intervention.
N’ayant pas pris de vacances auparavant, je me suis retrouvé tout d’un coup, dans des situations ambiguës. D’une part, je continue à faire la traduction tous les matins, sauf les jours de l’intervention. D’autre part, je dois participer aux réunions du cercle de l’intervention, les séminaires à la fac, l’écriture des comptes-rendus… Comment faire dans ce cas pour tenir le journal ?
J’entame un journal de correspondance avec G qui est repartie en Italie, mais au bout de quelques échanges, la correspondance s’interrompt sans que je sache pourquoi.
J’écris deux articles sur l’intervention.
Les écrits de septembre - octobre ressemblent certes au journal, mais ils ne peuvent pas remplacer l’écriture quotidienne.
- Petite interruption -
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