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Journal de diaristes

Dimanche 8 janvier

12 Octobre 2012 , Rédigé par Benyounès Bellagnech

Dimanche 8 janvier,

Le matin pourrait être le bon moment pour écrire le journal. Je note cela parce que hier j’ai subitement interrompu l’écriture pour regarder un match de foot à la télé. Par la suite on annonce du foot pour toute la soirée, des matchs comptant pour la coupe de France. Peut-on écrire tout en regardant la télé ? Je ne le pense pas. Le foot est aliénant et captif. Lorsque je regarde un match, je suis en plein dedans et je ne pense pas à autre chose que de suivre son déroulement.

A propos du dispositif dont je parlais hier, j’ai le souvenir du dispositif de la rédaction de la thèse en été 2007. J’avais aménagé une chambre avec livres, journaux manuscrits et documents divers. J’avais aménagé le bureau, deux tables, un ordinateur et des étagères. J’ai aménagé également mon temps de travail dans la journée. Je me suis fixé un délai que j’ai plus ou moins respecté. Ainsi, j’ai pu faire le travail dans le temps.

S’agissant du livre qu’il faut préparer, je n’en suis pas encore là ; Le projet n’est pas bien défini entre moi et Remi. Toutefois, des idées me viennent de temps en temps ou plutôt des questions : faut-il refaire l’histoire de l’AI notamment depuis la mort de René Lourau et dans ce cas nous disposons de sources écrites par nous-mêmes ? Faut-il interroger les institutionnalistes sur l’AI aujourd’hui ? Faut-il reprendre les polémiques sur la relation entre la socianalyse et l’AI ? Faut-il consacrer une partie à Georges Lapassade ? Faut-il faire une compilation d’articles écrits par ceux et celles qui estiment que l’AI existe encore et qu’elle a encore un avenir et pour ce faire il faut envoyer un appel à contribution à qui ? Je vais essayer d’en parler avec quelques institutionnalistes.

Dans ma vie au jour le jour, il y a des idées mais il y a aussi du concret, des actes ou des démarches entamées depuis le mois de novembre dernier. En effet le Maroc commence à me manquer ; je m’y suis rendu pour la dernière fois en 1997, cela fait donc 15 ans. Entre-temps, j’ai perdu ma mère, mon père et en en 2011 ma sœur, la première de la famille avec tout ce qu’elle a représenté comme symbole de la famille. Certes la famille est déchirée sur l’héritage de mon père, lequel à la fin de sa vie n’a fait que compliquer la situation. Encouragé par mon frère M, j’ai commencé à faire des démarches pour refaire les papiers, passeport, carte nationale marocaine et encore passeport français. Il faut dire que j’ai tellement traîné que le Maroc a décidé de venir vers moi en installant un consulat du Maroc à Orly. J’ai eu aussi la chance de rencontrer A qui y travaille et qui a tout fait pour me faciliter les démarches.En me rendant vendredi à la Mairie d’Orly pour une demande de renouvellement du passeport français, j’ai remarqué qu’il était devenu plus facile de faire les papiers marocains que les papiers français. Y-E me dit : c’est parce que tu connais le consul. Ce n’est pas le consul que je connais mais un fonctionnaire au consulat. Bref, je suis obligé de continuer les démarches dès le début de la semaine prochaine si je veux partir au Maroc au printemps prochain. Ce projet de voyage m’occupe beaucoup, car au fil des années, j’ai perdu l’habitude, de voyager, que j’avais auparavant.

Je pense à ma famille au Maroc, à quelques amis mais aussi à l’évolution de la situation politique. Ainsi, je guette sur Internet toute information pouvant m’éclairer sur cette situation et j’essaie en même temps de renouer des contacts avec des camarades et des amis.

Dois-je continuer à écrire même ci je n’ai pas d’idée ? J’ai un peu de temps avant de me mettre à l’exercice physique quotidien. Justement, en évoquant le temps, je voudrais en dire quelques mots. Le jour et la nuit, le levé ou le coucher du soleil, ces expressions anciennes signifiaient ou définissaient le temps. Or, pour moi elles font référence à la lumière. La nuit, il fait sombre, on ne voit rien, les hommes ont toujours cherché à éclairer la nuit comme s’ils étaient à la recherche du jour éternelle ou empêcher la terre de tourner en gardant le soleil en veille. Je pense que la recherche de la lumière fût à l’origine de l’évolution de l’humanité à tel point que cela pourrait signer sa fin. Il n’y a qu’à constater le jeu dangereux avec des risques majeurs que constitue le nucléaire. Outre ce rapport dangereux avec le feu et la lumière, il reste ce lien avec la nuit et cet attachement à la lumière du jour. Ceci est une référence universelle au temps. Cependant, lorsque l’on examine le cas particulier de chacun avec le temps, on constate que cette perspective s’éloigne et même disparaît. Chacun tente d’établir un lien avec le temps, si tenté que le temps existe. Pour échapper à cette méditation sans fin sur le temps, il faut situer le rapport que l’on a avec la temporalité. Celle-ci résume un peu la vie de l’individu, notamment depuis l’établissement d’instrument de mesure du temps. Naitre et mourir entre tel et tel date nous donne le temps vécu. Mais ceci reste encore abstrait car ces deux axes de la valeur absolue qui sont la naissance et la mort ne peuvent être vécu pour nous d’une manière consciente.

Je me suis levé ce matin à cinq heures, il fait nuit jusqu’à huit heures, à l’aide de la lumière la journée pour moi commence la nuit, ce qui me donne ou me laisse du temps pour faire ce que j’ai envie de faire. Souvent ce rapport supposé harmonieux avec le temps est perturbé par des tâches nécessaires, manger, se soigner, faire la vaisselle, s’occuper des enfants ou faire des courses…ces différents gestes ont un caractère social, sauf peut-être pour quelqu’un qui vit seul et encore.

C’est à la suite d’une tentative de définir la conscience que ce questionnement sur le temps est survenu. La conscience serait un rapport avec le temps, avec l’espace et avec autrui, c’est un triple rapport complexe du fait de l’instabilité de ces trois dimensions. La conscience reste donc relative, ce n’est pas la vérité, c’est un rapprochement de la vérité. Est-ce qu’être conscient c’est savoir se situer par rapport au temps, à l’espace et aux autres ?

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