Dimanche 15 Janvier
Dimanche 15 janvier,
Vendredi, journée consacrée à l’hôpital. Je pars le matin et je ne suis de retour qu’à l’heure du repas. Je pense toujours à reprendre mon journal de santé mais je n’y arrive pas, peut-être que j’ai besoin de distance par rapport à la souffrance et à l’ambiance médicale qui ne peut intéresser que les patients ou les professionnels de la santé. En tout cas j’ai senti ce besoin de ce journal lorsque j’étais en salle d’attente du service de néphrologie et d’immunologie, ce sont des services séparés mais avec la même salle d’attente et le même service d’infirmerie. Je passe un long moment à regarder les gens assis plongés dans des lectures diverses, d’autres qui vont et viennent. Quoi penser de ce que je vois ? Ceux comme moi qui fréquentent ce lieu depuis cinq ans remarqueront que l’attente est plus longue et qu’il y a plus de patients qu’avant ; Pour avoir le cœur net, j'interroge l’infirmière, qui me fait la prise de sang, sur les raisons de cet afflux. Elle me confirme qu’il y a de plus en plus de patients et que suite à une restructuration récente l’effectif du personnel a baissé. Je lui demande s'il ne serait pas mieux pour moi de faire les prises de sang en ville. Elle me le conseille à condition que mon médecin ne propose le contraire.
Deux heures d’attente à ne rien faire, c’est long, mais pas si ennuyeux que cela ; Car l’hôpital est un lieu où l’indifférence ne peut pas exister, on y est soit comme malade soit comme soignant et toute l’organisation tourne autour du soin même la recherche. C’est un lieu privilégié où l’on peut analyser l’implication. Ceci étant j’aurais souhaité avoir un journal sous la main ou du moins lire un livre. Depuis que je mets mes lunettes, je ne suis plus à l’aise dans la lecture. J’ai toujours un livre dans mon sac, mais pas l’envie de le sortir, de sortir les lunettes de la pochette, de les remettre après pour les reprendre et les ranger à l’appel. J’ai le numéro 29, je ne compte pas combien de temps je vais attendre. Ici le temps compte peu par rapport au résultat soit de la consultation soit de l’analyse.
Après avoir fait la prise de sang, je descends au 9ème étage, puisque je suis au 14ème pour me renseigner sur un rendez-vous à l’hôpital de jour. Cela fait un an que mon médecin du service de diabétologie m’avait, dans un courrier, promis d’organiser une journée à l’hôpital dans trois ou six moi ; N’ayant reçu aucune convocation à ce jour, je décide d’aller savoir pourquoi ? A près examen de mon dossier, l’infirmière me dit qu’il n’y a rien de prévu pour moi ce mois de janvier mais qu’elle allait voir avec le médecin traitant pour organiser la journée en février.
Arrivé à la maison vers treize heures, je reçois un courrier d’Hassan. Il m’avait prévenu la veille par téléphone qu’il avait envoyé le livre de son frère qui vient de paraître. En effet je le reçois à l’heure qu’il m’a indiquée.
Dans l’après-midi, je ne fais pas grand-chose. J’aurais aimé écrire le journal ou lire. Je sens que le goût de l’écriture est revenu mais pas encore le goût de la lecture. Ce vendredi après-midi, So n’a pas cours elle utilise mon ordinateur, je ne peux donc pas écrire. C’est aussi le cas à l’instant où j’écris, mais cette fois-ci, comme l’autre jour, pour écrire l’an3des analyseurs, j’utilise l’ordinateur qui ne sert qu’au traitement de texte.
Samedi matin, j’ai juste le temps de lire mes messages et de nettoyer la boîte. J’en profite pour regarder des vidéos sur le Maroc où l’on annonce la libération d’Alhaqed après quelques mois de détention. Il a été arrêté et condamné pour avoir chanté une chanson sur le Maroc. C’est un rappeur. L’émotion est grande, les gens présents au tribunal expriment leur joie par une manifestation partie de l’enceinte du tribunal de Casablanca. Ce fut l’occasion aussi de rappeler dans des discours les revendications du mouvement de 20 février. J’ai particulièrement reconnu Snoussi, le grand humoriste marocain, que j’avais vu auparavant donner un discours aux congressistes du Parti socialiste unifié.
L’après-midi et le soir de ce samedi, l’ordinateur n’est pas disponible pour écrire le journal.
Ce dimanche, je prends le temps d’écrire le journal sur un autre ordinateur.
/image%2F0175983%2F201212%2Fob_1b162f_12162-1187662291116-3787626-n-jpg.jpg)